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Messe d’action de grâce à Cana : Désiré Vodonou exprime sa reconnaissance à Dieu et pardonne ses détracteurs

Allocution de Désiré Vodonou

Monsieur le curé,

Messieurs les membres du clergé,

Mesdames et messieurs, les membres des formations politiques ici présents ou représentés,

Chers parents,

Chers amis,

Distingués invités,

Merci d’avoir bien voulu vous associer à ce moment d’actions de grâces pour remercier avec moi le seigneur pour ses multiples bienfaits à mon endroit, durant ses quarante (40) mois d’épreuve passés à la prison civile de Cotonou.

Je ne suis pas venu ici ce jour pour remuer le couteau dans une plaie encore ouverte. Je suis venu remercier le Seigneur qui, sans égard pour mes péchés, m’a pris sous ses ailes, et couvert de sa protection pendant quarante (40) mois.

Je ne suis pas ici aujourd’hui, pour faire un meeting politique. Je suis venu dire ma reconnaissance devant le Seigneur, à l’endroit des hommes et femmes qu’il a utilisés pendant quarante (40) mois pour me révéler sa miséricorde.

Je ne suis pas venu ici pour pleurer, ni pour faire pleurer mes enfants, orphelins du vivant de leur père quarante (40) mois durant, pour faire pleurer mes épouses, veuves du vivant de leur mari, privés de ma présence, de ma chaleur, de mon attention, de mes soins quarante (40) mois durant.

Je suis venu ici pour demander que le Tout-Puissant me donne la force de payer ma dette vis-à-vis de mes enfants, de mes épouses, de mes parents, de mes amis, des inconnus qui m’ont permis de redécouvrir que même par temps d’orage, quand tout s’écroule autour de vous, il y a des humains irréductibles qui ne trahissent pas l’amour du prochain. Je ne suis pas venu ici pour étaler ma force. « L’arrogance précède la ruine et l’orgueil précède la chute » dit le livre de Proverbes au chapitre 16, verset 18.

Et moi, quelle force, ai-je ?

Je suis venu ici pour me présenter au Seigneur, tel que je suis, homme faible et pécheur, afin que lui dont la volonté m’a rendu libre, me donne la force de dominer l’orgueil, et la possibilité renouvelée de me porter au chevet de nos pauvres populations, hommes et femmes démunis et livrés à eux-mêmes.

Chers parents, Chers amis,

Chacun de vous se souvient des circonstances dans lesquelles je me suis retrouvé en prison le 18 avril 2011. Beaucoup en parlent passionnément. Mais peu de gens en connaissent les réels contours, les enjeux, les motivations, le déroulement de ma pénitence.

Là-bas, j’ai vu des innocents souffrir.

Là-bas, j’ai vu périr le droit.

Là-bas, j’ai vu des cœurs lâcher.

Puis un jour de l’an 2012, le 1er du mois d’août, mon cœur aussi a lâché. Huit (08) minutes durant, j’ai pris congé du monde des vivants et les médecins traitants, après avoir tenté vainement de me réanimer, m’ont décrété cliniquement mort, et s’apprêtaient à m’emballer dans un linceul blanc lorsque le miracle s’est produit.

C’est pour cela que je suis ici pour rendre grâce au Seigneur, pour sa miséricorde vis-à-vis de moi, vis-à-vis de ma fille qui aurait pu devenir orpheline à moins de deux (02) ans, vis-à-vis de toute ma famille, vis-à-vis de tous les gens que j’aime, dont certains ont fait de mon lieu de détention, leur second domicile et m’y ont soutenu quotidiennement.

Et s’il est vrai que par moments, j’ai été éprouvé et ai souffert dans le huis clos de mon âme, parce que je me suis senti abandonné entre des griffes invisibles qui me torturaient, dans une corde inextricable qui me ligotait solidement, la miséricorde du Dieu vivant s’est manifestée, et il m’a pris en charge et a payé lui-même la rançon de ma liberté.

Alors, dans mon cœur jadis broyé par le chagrin, l’espoir a repris droit de cité et ma liberté retrouvée, j’ai foi qu’un jour je serai réhabilité ; et de même que j’ai survécu à ma mort clinique, de même, un jour, si telle est la volonté de Dieu, je renaîtrai de la mort politique. Alors comme aujourd’hui, je reviendrai devant l’autel de Dieu pour lui dire ma reconnaissance, lui qui déjà a éloigné de mon cœur d’humain tout projet de revanche et tout sentiment de haine car, selon le livre Saint : « Quiconque hait son frère est un meurtrier » 1Jean3v15 à 16.

Si donc, j’ai un message en ce jour à l’endroit de mes frères, mes adversaires politiques, c’est de leur dire que dans mon cœur, il n’y a de place que pour l’amour, et pour moi, ils n’ont jamais été et ne seront jamais considérés comme des ennemis à abattre.

Il paraît que la politique est un monde sans pitié.

Et pourtant, moi, je pense que c’est dans l’Union que nous allons bâtir notre Nation.

Il n’y a pas d’Union sans pardon. Il n’y a pas de Nation sans union.

Que Dieu bénisse le Bénin!!!!

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