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Chantier Porto-Novo-Apkro-Missérété et consorts confiés à OFMAS International : un gros scandale politico-financier de 164,5 milliards

Chantier Porto-Novo-Apkro-Missérété et consorts confiés à OFMAS International : un gros scandale politico-financier de 164,5 milliards

Cette fois-ci, le gouvernement aura du mal à s’en sortir. Il est pris la main dans le sac, en flagrant délit. D’où l’agitation et les nombreuses explications fournies pour tenter d’embrouiller le peuple. Il n’y arrivera pas. Tout est clair dans la tête des Béninois. Le chantier Porto-Novo-Apkro-Missérété et consorts confiés à Ofmas International Sa est un véritable gros scandale politico-financier. Ni plus ni moins. 164,5 milliards sur le point d’être dilapidés. 20 milliards déjà partis en fumée. Dieu ayant pitié du Bénin, l’affaire s’est éclatée à l’intérieur même du système. Le mode de préfinancement du programme d'extension et de modernisation du réseau routier national devient un alibi pour vider les caisses de l’Etat. Une enquête impartiale s’impose. Tout n’est pas encore découvert.

 

Le gouvernement béninois est de plus en plus fragilisé par les scandales politico-financiers et économiques. Le dernier en date est relatif à laconstruction de la route Porto-Novo-Akpro-Missérété (12,6 km) en 2×2 voies et de l’aménagement et du bitumage de la route Pobè-Adja Ouèrè-Ouinhi (22,4 km).

L’exécutif est entièrement englué dans ce scandale. C’est une crise gouvernementale majeure et un scandale politique. Le chef de l’Etat a dû sauter son ministre des infrastructures et des transports, Hervé Hehomey, dont les déclarations ont permis de mettre à nu la manœuvre. Dans les rues de Cotonou et sur les réseaux sociaux, ce limogeage ne règle aucun problème. Bien au contraire, il fait enfler la polémique. Le gouvernement est sous pression. Les accusations sont sérieuses, car elles portent sur sa crédibilité.

«Il n’y a rien d’illégal, il n’y a rien qui ne serait pas moral», réagit l’entourage immédiat du président de la République. C’est évidemment l’axe de défense du régime, qui n’empêche pas les citoyens de réclamer l’ouverture d’une enquête. L’acte est suffisamment grave pour passer inaperçu. «La manière dont les 20 milliards ont été mis sur le compte de l’entreprise Ofmas alors qu’il est bel et bien question d’un préfinancement est synonyme de détournement de fonds publics. On pourrait aller plus loin et parler d’un arrangement illégal entre des personnalités politiques (le gouvernement) et l’entreprise Ofmas», affirme un député du Bloc de la majorité parlementaire sous le couvert de l’anonymat.

C’est un secret de polichinelle que ce chantier routier est un préfinancement. Or, dès son arrivée au pouvoir, le président Patrice Talon et les trois financiers qui l’entourent (Koupaki, Bio Tchané et Wadagni) ont exprimé leur antipathie au préfinancement des chantiers routiers. Sur la question, ils n’avaient raté aucune occasion pour faire la mauvaise publicité à l’ancien régime. Lors du conseil des ministres du 28 avril 2016, le ministre des finances avait été même instruit de "privilégier la recherche de nouveaux modes de financement du programme d'extension et de modernisation du réseau routier national". Changeant comme la monnaie naira du Nigéria, plus tard, le gouvernement est revenu sur sa décision. Et dans l’utilisation du mode de préfinancement, il fait pire. Bien qu'en étant en mode de préfinancement par un privé, il lui accorde encore des avances de démarrage.

 

Mode de préfinancement

 

Dans la réalité, le mode de préfinancement est un type nouveau de financement d’infrastructures par lequel l’Etat, à défaut d’avoir les moyens tout de suite pour réaliser les infrastructures, recrute des entreprises privées qui ont une bonne signature auprès du secteur financier pour mobiliser les ressources et réaliser lesdits travaux. Une fois les infrastructures construites et transférées à l’Etat, ce dernier se substitue à l’entreprise pour procéder aux remboursements conformément à l’échéancier convenu.

Le préfinancement d’un chantier suppose donc que l'Etat, parce qu'il n'a pas les moyens lui-même, donne mandat à une entreprise ayant une capacité financière prouvée, de mobiliser les ressources pour réaliser les travaux. Après la construction et la réception de l'ouvrage, l'Etat réceptionne et se substitue à l'entreprise pour rembourser. C'est différent du BOT qui se rapporte à des infrastructures qui génèrent des revenus comme par exemple un aéroport que le privé peut exploiter jusqu'à assurer son retour sur investissement et sa marge avant de le transférer à l'Etat.  

Comment l'Etat peut-il payer d'avance pour un projet de préfinancement dans lequel le privé est supposé mobiliser lui-même les ressources pour réaliser les travaux ? Le critère principal dans ce domaine pour l'attribution du marché est l'existence prouvée de financement mobilisé par l’entreprise. Sur quelle base le marché a-t-il été alors attribué à Ofmas ? Les dernières déclarations du ministre Hervé Hehomey ont permis tout simplement de constater qu’en réalité, le gouvernement a trahi voire driblé tout le monde.

L’argument du directeur des infrastructures et des transports qui consiste à dire que l'avance de démarrage a été payée parce que le gouvernement est dans l'urgence et l'entreprise peine à mobiliser les ressources est fallacieux. Jacques Ayadji aurait choisi un autre angle de défense. Il y a même de contradiction entre ses déclarations et l'article 6 du contrat qui prévoit le payement de 40% d'avance : «le premier acompte de 40% du montant des travaux sera préfinancé par le budget national à titre d’avance cautionnée à 100 % et sera remboursé par l’entreprise dès la mise en place du crédit». Cet article 6 contredit l’esprit même du Built Own and Transfer (BOT) utilisé pour attribuer le marché à Ofmas. C’est parce que Ofmas a prouvé qu’il a déjà mobilisé le financement requis que le marché lui a été attribué. C’est la logique. Mais on constate aisément que c’est le contraire. Si Ofmas n’avait pas trouvé le financement avant de prendre le marché, pourquoi l’avoir arraché aux Sud Africains ? Existe-t-il un accord secret entre le gouvernement et Ofmas ? Que cachent-ils au peuple ? Autant de questions qu’on est en droit de se poser au regard de l’évolution de la situation.

 

 

Supposée avance sur BOT au temps de Yayi : quand la rupture use de mensonge grossier pour justifier sa mafia

 

Depuis l'éclatement de Ofmas Gate, des déclarations aussi variées voire même contradictoires les unes que les autres se succèdent. La dernière en date est le gros mensonge du directeur général des infrastructures et des transports faisant état d'avance sur projet de préfinancement au temps du président Boni Yayi. Jacques Ayadji est pourtant bien placé pour savoir qu’au temps de Yayi, aucun chantier de préfinancement n'a fait l'objet d'avance. Si tel avait été le cas, comment la Rupture aurait pu suspendre tous ses projets avant leur remise habile en place sans confesser au peuple ses erreurs des premières heures? La confusion certaine que les dignitaires du régime font est liée aux projets sur arrangement financier de la BOAD qui sont des projets imputables au budget national sans aucun financement des entreprises retenues à l'issue des appels d'offres. Il agit de procédure normale mais la seule différence reste que l'Etat confie la mobilisation des ressources à la BOAD qui le fait auprès du pool bancaire. Les contrats de prêts sont signés entre l'Etat et les banques et non entre les banques et les entreprises dans le cadre d'un préfinancement, qui est un schéma dans lequel l'entreprise financent de bout en bout le projet et l'Etat ne devient redevable qu'après la construction. Il est effectivement arrivé que dans le cadre du projet Comè-Lokossa, l'Etat fasse des avances à un moment où les banques traînaient à décaisser les ressources. Mais ce schéma n'est en rien un BOT ni un préfinancement et Jacques Ayadji  et les siens, s'ils ne comprennent pas les choses doivent avoir l'humilité d'apprendre. Ils doivent en plus avoir l'humilité de reconnaître leurs erreurs et les corriger pour les fois à venir au lieu de chercher chaque fois à tout justifier par le mensonge. À quoi rimerait alors la Rupture si à chaque instant les actes de Yayi doivent servir à justifier la ploutocratie sans limite des vautours de la République.

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