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Dégradation du climat des affaires sous Talon : les indicateurs internationaux inquiètent
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Dégradation du climat des affaires sous Talon : les indicateurs internationaux inquiètent

Dégradation du climat des affaires sous Talon : les indicateurs internationaux inquiètent

Depuis l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon, le 6 avril 2016, le Bénin est en chute libre dans tous les classements d’organismes internationaux crédibles. Les indicateurs internationaux deviennent de plus en plus inquiétants. Du Rapport Doing Business au rapport du Forum Économique Mondial sur l'indice de compétitivité globale en passant par le rapport sur l'attractivité des économies africaines pour les investisseurs et l'indice de la perception de la corruption, tous les signaux sont au rouge. La dégradation du climat des affaires sous Patrice Talon fait couler le Bénin.

 

 

 

Rapport Doing Business 2017 (chute de 2 places)


Selon le rapport Doing Business 2017 de la Banque mondiale, qui mesure la qualité de l'environnement juridique et administratif des entreprises dans 190 pays, le Bénin a progressé de manière continue de la 175è place sur 185 en 2011 au 153è rang sur 190 en 2015, mais perdant 2 places en 2016 pour finir à la 155è place. Cette baisse de la performance du Bénin s'explique essentiellement, selon le rapport, par non seulement une dégradation des conditions d'accès des petites et moyennes entreprises au financement mais aussi par une dégradation des procédures portuaires nouvellement mises en place.


Le rapport 2016-2017 du Forum Économique Mondial sur l'indice de compétitivité globale (chute de 2 rangs)

 

Pendant que le rapport Doing Business 2017 de la Banque mondiale confirme une dégradation du climat des affaires au Bénin, le Forum Économique Mondial révèle, lui, dans son rapport 2016-2017 sur l'indice mesurant la compétitivité globale de 140 économies dans le monde, que le niveau de compétitivité globale de l'économie béninoise prend également un coup. En effet, classé 122è sur 148 économies en 2015 par le Forum Économique Mondial, après avoir progressé de 8 rangs par rapport à son classement précédent, le Bénin revoit la compétitivité globale de son économie baisser en 2016 de 2 places, pour se positionner à la 124è place sur 140 économies évaluées. Cette baisse de la compétitivité de l'économie béninoise s'explique principalement, selon le rapport, par la dégradation des infrastructures. En réalité, on ne peut pas s'attendre à un autre résultat lorsqu'on sait, par exemple, qu'aujourd'hui le kilomètre de route bitumée au Bénin avoisine le milliard et demi de fcfa (2,5 millions d'euros), plus de 3 fois le coût moyen sous-régional (ex: Marché de la traversée de Porto-Novo attribué en gré à gré à l'entreprise OFMAS, 122km pour 165 milliards fcfa).

 


Rapport 2017 sur l'attractivité des économies africaines pour les investisseurs (chute de 6 places)

 

En mai 2017, c'est le cabinet international d'Audit Ernst &Young qui publie un rapport mesurant l'attractivité de 46 économies africaines pour aboutir au classement 2017 des 25 pays africains les plus attractifs pour les investisseurs. Selon ledit rapport, et comme pour confirmer les conclusions du rapport 2016-2017 du Forum Économique Mondial sur la compétitivité globale dans le monde, l'économie béninoise a significativement perdu de son attractivité aux yeux des investisseurs privés sur la période de février 2016 à mai 2017, passant de la 19è place à la 25è. Résultat sans surprise, car, en effet, qui perd de sa compétitivité perd forcément de son attractivité. La chute du Bénin, toujours selon le rapport, s'explique par d'une part une dégradation du déficit infrastructurel et logistique du pays et d'autre part l'aggravation de la faible diversification de l'économie béninoise.



L'indice 2017 de la perception de la corruption (chute de 15 places)



En matière de perception de la corruption, l'image du Bénin s’est également nettement détériorée en 2016. Si l'on s'appuie sur les classements de ces dernières années de Transparency International basés sur l'indice de perception de la corruption dans le monde, la perception de la corruption au Bénin s'est améliorée de 2010 à 2015, l'indice du Bénin ayant progressé de la 110è place sur 178 au 80è rang en 2015, soit un progrès de 30 places durant la période. Mais au cours de l'année 2016, l'indice de perception de la corruption du Bénin s’est dégradé et le Bénin a perdu 15 places dans le classement 2017, (95è). Les secteurs ayant été les plus touchés sont la justice, l'administration des impôts et l'administration douanière.

 

 

Corruption, source d'insécurité juridique

 

Les investisseurs privés surtout nationaux ne voient d'un bon œil, s'agissant de leur propre protection juridique, ni le non-respect des lois de la République par le Conseil des Ministres depuis le 6 avril 2016, notamment celles régissant les conditions de passation des marchés publics en gré à gré, en violation du Code de passation des marchés publics en ses articles 48, 49, 50 et 51 et de la loi sur le partenariat public-privé en son article 20 actuellement en vigueur au Bénin, ni la procédure d'exception de passation des marchés publics en gré à gré qui est devenue la règle. C'est d'ailleurs sans surprise que Jacques Ayadji, Directeur Général des Infrastructures au Ministère des Infrastructures et des Transports (MIT), annonce tristement à la face du monde au cours de sa conférence de presse du 28 août 2017 : «on ne peut pas vouloir d’une chose et son contraire. Le peuple béninois a accepté en 2016 que le programme d’actions du gouvernement (Pag) soit exécuté. Ce qui veut dire que le peuple a accepté qu’on n’utilise plus les procédures ordinaires. Parce que si on doit respecter ces procédures ordinaires, on ne pourra pas exécuter les projets du Pag en 5 ans». Des propos suffisamment illustratifs des pratiques du gouvernement et surtout suffisamment graves sur le plan légal.

 

Les mêmes risques d'insécurité juridique ont été également soulevés particulièrement par de potentiels investisseurs intéressés par les opportunités du secteur du numérique dans la mesure où les mandats des membres de l'institution en charge de la régulation du secteur ont été tous déclarés "inconstitutionnels" par la Cour Constitutionnelle. Cette décision de la Cour Constitutionnelle est toujours ignorée à ce jour par le Chef de l'Etat.

 

 

Conflits d'intérêts, sources de corruption


Il a été aussi enregistré dans divers médias locaux, toujours dans le registre de la corruption, de multiples plaintes depuis avril 2017 venant d'opérateurs économiques usagers du port de Cotonou et relatives au grave conflit d'intérêt né du contrat de "sécurisation des recettes douanières" attribué à la société du Chef de l'Etat et dont le Président du Conseil d'Administration n'est autre que son "ami et confident", Olivier Boko, qui n'a pourtant aucune fonction officielle dans l'appareil de l'Etat béninois, violant ainsi l'article 10 de la loi portant lutte contre la corruption, qui stipule : «Est interdit à tout agent public, l’exercice par lui-même ou par personne interposée, à titre professionnel, d’une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit, sauf dispositions légales contraires…». Et plus, certaines pratiques de Boko Olivier au sein des secteurs public et privé ne sont en effet pas de nature à rassurer quiconque souhaitant entreprendre en toute sécurité au Bénin, selon lesdites plaintes, venant notamment des acteurs portuaires reçus sur Sikka TV.



Harcèlement judiciaire et fiscale des entreprises représentant des menaces politiques et économiques



Il est évidemment impossible de parler aujourd'hui d'environnement des affaires au Bénin sans évoquer la traque que subissent les opérateurs économiques du Bénin par le pouvoir en place, à commencer bien sûr par le 1er d'entre eux, le Président du Patronat béninois, 1er importateur du pays, que le pouvoir en place a accusé de trafic de 18kg de cocaïne, accusation dont il a par la suite été blanchi par la justice en première instance mais décision de justice contre laquelle le parquet a fait appel. Puisqu’il s'est agi d'indo-pakistanais, n°1 de la filière cajou au Bénin, également accusés par le pouvoir de trafic de 54kg de cocaïne, emprisonnés plusieurs mois, condamnés en première instance mais finalement blanchis en appel. Et comme si l'acharnement sur le plan judiciaire ne suffisait pas, le Président du Patronat du Bénin fait maintenant l'objet depuis 2 semaines d'un redressement fiscal par la Direction Générale des Impôts d'un montant équivalent à près de 10% du budget national 2016 : 167 milliards de F CFA.



Politique en faveur des investisseurs ni visible ni prévisible



Le ministre des finances a annoncé à la mi-décembre 2016 une dégradation du déficit budgétaire de 6% en 2016 à 8% en fin 2017. Or, à 4 mois de la fin de 2017, l'on pourrait se demander à quoi a servi la détérioration du déficit budgétaire entre 2016 et 2017 dans la mesure où le pays est loin d'être en chantier. Mais, ce qui pourrait paraître inquiétant pour les investisseurs, c'est que le gouvernement prévoit également un retour à la norme de moins de 3% de déficit d'ici 2019. Dans ce cas, les investisseurs privés ne devraient-ils pas s'attendre à la création de nouvelles taxes comme c'est d'ailleurs déjà le cas et ce, dans le seul but d'accélérer la réduction du déficit budgétaire? Cette absence de visibilité, surtout sur le plan fiscal, est toujours préjudiciable aux investissements d'autant plus que le Fonds Monétaire International (FMI) vient d'imposer au Bénin un niveau de dette ne devant pas aller au-delà de 50% du PIB. Et à partir du moment où le gouvernement a déjà émis plus de 420 milliards de fcfa d'emprunts obligataires d'avril 2016 à ce jour, montants en plus utilisés en grande partie pour le financement du fonctionnement de l'Etat, on pourrait par conséquent et très justement se demander la marge de manœuvre qui reste au gouvernement quant à la mobilisation des ressources financières nécessaires au financement du développement du pays.


Cette haute volatilité dans la politique de promotion des investissements privés au Bénin du Gouvernement Talon ces derniers mois est devenue encore plus évidente lorsque la société Africa Agro Industries Bénin (AAIB) a été dans un premier temps autorisée par le gouvernement à installer une usine d'égrenage de coton dans la ville de Djougou. Puis, après environ un (1) demi-million d'euros d'investissement réalisé, la société AAIB s'est tout simplement vue au bout de 3 mois retirée ses agréments par le même gouvernement, qui les lui avait pourtant accordés, sans explication. Les intérêts personnels du Chef de l'Etat dans le coton étaient sans aucun doute menacés par le projet d'AAIB.
Et dans le même registre, les opérateurs économiques nationaux se plaignent de plus en plus du niveau de la dette intérieure à leur endroit, soupçonnant à voix haute les sociétés du Chef de l'Etat, celles de son entourage ainsi que les sociétés étrangères d'avoir la priorité au moment des occasionnels paiements.

 

 

Mandat unique, la grande naïveté de Talon

 

Patrice Talon, selon ses propres mots, rêve d'«être porté en triomphe» à la fin de son mandat. Et pour atteindre cet objectif, il a promis au début de son mandat, “faire des miracles”. Après 16 mois, il fait face à la réalité du pouvoir dans un pays pauvre: comment donc arriver à “être porté en triomphe” dans 3 ans et demi dans un pays pauvre comme le Bénin, tout en respectant les lois de la République dont il est sensé lui-même être le garant, tout en respectant les procédures que nous nous sommes librement données pour protéger les biens publics ? Or, ce temps, Patrice Talon, l'homme au mandat unique, réalise qu’il n'en a plus. Alors, les conséquences sont tout ce qui a commencé à transparaitre dans divers rapports de la communauté internationale et brièvement présenté ici, tout ce que les opérateurs économiques vivent aujourd'hui dans le pays et commencent également à rapporter dans la presse, tout ce qui est décrit dans cet article. Le Temps, Patrice Talon n'en a plus, d'où la multiplication des attributions des marchés publics en gré à gré, ce qui se ressent en général sur les coûts (routes, port, aéroport, centrales électriques etc.) et l'utilisation fréquente des armes judiciaires et fiscales bien ciblées pour réduire toute opposition qui pourrait lui faire perdre ce temps précieux qui lui reste ou représenter une menace pour ses propres intérêts privés.

 

 

Les perspectives à très court terme

 

Voyons donc comment cette gouvernance Talon continuera d'être perçue par le rapport 2017-2018 sur la compétitivité globale de l'économie prévu pour ce mois de septembre 2017, le rapport Mo Ibrahim 2017 sur la Gouvernance en Afrique et le rapport Doing Business 2018 sur le climat des affaires, tous 2 prévus pour Octobre 2017. Ces différents rapports, basés sur des enquêtes administrées aux chefs d'entreprises vivant les réalités dans chaque pays évalué, nous diront davantage sur la qualité de la destination Bénin sous Talon pour les capitaux financiers en circulation dans le monde.

 

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